Nuit d’ivresse.
Dès que le commissaire LANGLET avait reçu l’appel
sur son portable, il avait senti que l’affaire était pour lui…
Le Central 34 bruissait comme roseau sous tempête…,ordres…,
contre-ordres..., coups de gueule…
Une veille de week-end en plus…
Comme si les gens ne pouvaient pas se faire trucider en semaine.
! ! !
Furax, il arracha de ses dents le bout de son cigare qu’il cracha
sur les pieds d’un clochard complètement imbibé qui commença
à gueuler…
D’un geste rageur, il souleva la bande de sécurité de la scène
de crime… et l’odeur d’alcool, de shit et de sexe lui sauta
au visage…
Renfrogné, il s‘agenouilla près des victimes, soudées l’une
à l’autre dans une étreinte mortelle.
L’homme avait toujours les mains crispées sur le goulot d’une
bouteille de vin blanc… Tiens, curieux ! Une étiquette du Festival
du Roman Noir de Frontignan….
Qui pouvait donc l’avoir apportée ici, à Paris, chez cet éditeur
de la rue Amelot ?
Et qu’avait donc voulu hurler l’Auteur de ses mains muettes
, étreignant convulsivement ce stylo bon marché vers une feuille
de papier hors d’atteinte ?
Et quelle mystérieuse inconnue avait abandonné, ici, cet appareil
photo vide et ce sèche- cheveux encore tiède ?
LANGLET se pencha sur les deux cadavres. Ils puaient l’alcool